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Les candidats au post-pétrole

La semaine dernière, j'ai participé à un séminaire à Amsterdam qui était consacré à la question de la transition énergétique. Un intervenant s'est notamment intéressé à la question passionnante du post-pétrole, avec le passage à des carburants plus propres. Le plus recherché à court terme sera selon lui le gaz naturel. En 2025, on s’attend ainsi à voir sa consommation augmenter d’environ 60 %, selon les projections de l’Energy Information Agency du département de l’Énergie. Si les gisements de gaz naturel ne sont pas nécessairement voisins de ceux du pétrole, ils n’en sont pas moins fortement concentrés. Trois pays — la Russie, l’Iran et le Qatar — détiennent plus de 57 % des réserves mondiales. Si l’on considère à la fois le pétrole et le gaz naturel, deux pays — la Russie et l’Iran — sont les pivots de la production énergétique. L’Amérique du Nord (États- Unis, Canada et Mexique) assurerait quant à elle une part non négligeable — 18 % — de la production mondiale en 2025. Le charbon sera peut-être la ressource énergétique qui connaîtra la plus forte croissance, tout en étant la plus « sale ». L’augmentation du prix du pétrole et du gaz naturel conférerait un nouvel attrait aux sources d’énergie bon marché, abondantes et proches de leurs débouchés. Trois pays — les États-Unis, la Chine et l’Inde — sont les principaux consommateurs d’énergie, et leur appétit ne cesse de croître. Avec la Russie, ils possèdent les quatre plus grosses réserves de charbon extractible du monde, qui représentent 67 % des réserves connues. L’accroissement de la production de charbon pourrait prolonger d’un siècle ou deux l’existence de systèmes fondés sur l’énergie non renouvelable à base de ce combustible. En 2025, la Chine sera encore très dépendante de la houille, et on s’attend à voir Pékin soumis à des pressions internationales croissantes pour le recours à des technologies de combustion propres. Malgré un PIB nettement inférieur, la Chine devance les Etats-Unis au palmarès des émetteurs de carbone dans l’atmosphère. On prévoit une augmentation du recours au nucléaire pour la production d’électricité, mais elle restera insuffisante pour répondre à une demande croissante. La troisième génération de réacteurs nucléaires a fait baisser les coûts de production et amélioré la sécurité et les modes de gestion des déchets et de la prolifération. Ces réacteurs sont désormais compétitifs aux prix actuels de l’électricité et commencent à être installés dans plusieurs régions du monde. Si la plupart des centrales nucléaires sont aujourd’hui localisées dans les pays industrialisés, l’augmentation de la demande d’électricité de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique du Sud et d’autres pays en croissance rapide va rendre le nucléaire plus attractif. L'intervenant terminait avec une idée encore plus intéressante : la possibilité qu'une nouvelle source d'énergie vienne rendre toutes ces industries obsolètes. Mais ça, c'est une autre histoire, que je vous raconterai sans doute une autre jour... En tout cas, j'ai bien apprécié ce séminaire. D'ailleurs, voilà le site de l'agence qui s'est occupée de l'organiser : j'ai trouvé leur sens de l'organisation vraiment épatant du début à la fin. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de ce séminaire aux Pays-Bas.

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